Le grand sacrifice – العيد الكبير

Aïd el-Kebir – Le bouc émissaire
Cette fête est une récupération d’une tradition préislamique de sacrifice dans la vallée de Mina. Elle commémore la force de la foi d’Ibrahim (Abraham dans la tradition juive) à son Dieu, symbolisée par l’épisode où il accepte d’égorger, sur l’ordre de Dieu, son unique fils Ismaël (dans le judaïsme, le fils à sacrifier est Isaac). Après son acceptation de l’ordre divin, Dieu envoie l’archange Gabriel (Jibrīl) qui, au dernier moment, substitue à l’enfant, un mouton qui servira d’offrande sacrificielle. En souvenir de cette dévotion d’Ibrahim à son Dieu, les familles musulmanes sacrifient un animal, un mouton ou une chèvre le matin et le rituel se fait souvent sur les terrasses des maisons.
Les jours qui précédent, il y a des moutons et des chèvres a vendre partout sur les bords de route mais aussi dans des souks plus organisés. Vous verrez des gens avec des moutons sur le dos ou dans le coffre ouvert de leur dockers.
Les prix varient en fonction de la taille de l’animal mais aussi de ses cornes (et attention les plus gros ne veut pas dire les plus tendres…) mais il s’agit quand même d’un budget important et une source de fierté de montrer la photo de son mouton ainsi que d’annoncer la somme versée.
La famille garde l’animal pendant quelques jours et ce sont souvent les enfants qui s’en occupent… Vous prévoyez le reste… Larmes le jour de l’égorgement…

Le sang envahi les terraces et les rues, les peaux de mouton et de chèvre sont ramassés dans les rues, ou des petits feux improvisés se préparent pour brûler les tètes et les pattes de l’animal….un scénario un peu bizarre.
La première chose a être mangée de l’animal sacrifié est le foie, et ensuite ce sera de la viande de mouton à chaque repas… En brochettes, a la vapeur ou en tagine….un vrai régal

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Boujloud (l’homme qui porte la peau)

A l’origine, au lendemain du jour du Sacrifice, un homme se couvrait de peaux fraîches de moutons ou de chèvres munies de leurs sabots, se parait d’un collier de coquilles d’escargots,  le visage peint en noir couvert des cornes de l’animal, et mettait en valeur ses attributs sexuels, notamment représentés par des aubergines.

Les Boujloud mettaient en scène des personnages tels que le vieillard, le cadi, l’âne, le voleur, l’officier français … et parodiaient la justice, la politique ou la religion. Ces réunions ont été interdites par les autorités coloniales, et remises en cause après l’indépendance au nom de la morale.

Aujourd’hui, pendant les 3 jours de fête, les hommes défilent dans les ruelles, recouverts de peaux de moutons, de chèvres, de vaches, et maquillés de noir. Le seul moyen d’échapper aux « coups » de ces Boujloud, armés de pattes de mouton, est de leur donner de l’argent, des œufs, du sucre, du blé ou de la viande … ou de s’enfuir en courant … L’apparition des Boujloud se fait dans un mélange de peur et de joie.

En fin de journée, hommes, femmes et enfants accompagnent les Boujloud vers les places des villes et villages où la fête se prolonge au rythme des tambours et des danses (un des principaux accès des médinas de Fès et de Marrakech en ont gardé le nom, Bab-Boujloud).

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